3 nov. 2008


Visibilidade da nación galega
X. L. MÉNDEZ FERRÍN (Faro Vigo 4-11-08)

Usamos moito o substantivo abstracto visibilidade e invisibilidade para nos referir a que Galicia e o seu idioma sexan ou non perceptibles no mundo exterior. A concesión do premio nacional (español) de ensaio en Madrid a unha obra de Justo Beramendi titulada precisamente De Provincia a Nación e na que non se fai referencia á nación española senón á nación galega constitúe todo un fito histórico. De algún xeito, o feito de o Ministerio de Cultura de Madrid lle outorgar tamén a Agustín Fernández Paz o premio nacional de literatura xuvenil por un libro, O único que queda é o amor, escrito precisamente en idioma galego, vén completar o proceso de revelado ao final do cal a foto dun país con características e idioma de seu pode ser contemplada nidiamente. Haberá xente digamos o clube financiero de Vigo, onde funciona a variedade lingüística local na que o ver se confunde co ollar ou co mirar, que siga na contumacia. Por outra parte o PEN Club acaba de despregar a súa actividade maior do curso actual coa celebración da Bienal Literaria Internacional en Compostela na que escritores de diferentes mundos, entre os que se inclúe o premio Nobel de orixe chinés, falaron entre si e coñeceron Galicia como cultura diferente a todas as culturas humanas.CSertamente, cada un dos visitantes viu o que quixo ou estaba capacitado para ver. O PEN galego cumpriu moi ben a súa misión de chamar a atención dos visitantes sobre a nosa existencia.Galicia débelle unha homenaxe de masas a Manuel Rivas por dúas razóns principais. Unha, porque el é un grande escritor vivo e vastamente seguido por infinidade de lectores. Outra, porque é o autor noso máis aprezado, non só en Madrid senón tamén alén dos Pireneus en nunha chea de linguas ás que foi traducido. Francia e París xa non son o centro da República Mundial das Letras segundo nos explicara con intelixencia e donaire Pascale Casanova nun libro destinado a permanecer, pro aínda mandan moito, estabelecen xerarquías, e infunden respecto universal. E tamén é verdade que na tal República Mundial das Letras as edicións da Gallimard representan o Tabernáculo ou a Arca da Alianza na que os máis valorados tesouros literarios son facturados desde Francia para o Mundo.E ben: a última novela de Manuel Rivas (brillante e conmovedora), Os libros arden mal, foi editada en francés por Gallimard co título moi cortante e feliz de L´ ´eclat dans l´ abyme (ou dans l´ abîme, non sei porque non vin a traducción aínda). Xosé Manuel Pereiro, sempre coa ollada posta (el si) na nosa realidade, infórmanos de que Radio France emitiu fragmentos de L´éclat durante unha semana e de que o noso querido O´ Rivas foi entrevistado a toda plana como escritor en galego en Le Monde e en Le Figaro. Libération, máis afín sen dúbida, colocou ao autor coruñés en primeira por causa da súa novela sobre a Coruña e sobre Galicia en días de horror. Finalmente, o Premio Medicis, sempre de Francia, que se concede á mellor obra literaria en lingua non francesa, escolleu esta novela en galego de Rivas entre as 15 finalistas. O clube financiero de Vigo, para quen o galego é perxudicail para os negocios, debería reparar en que ningún libro escrito en castelán foi escolleito para o Medicis.Os que teñen ollos para ver que miren e os que teñan ourellas para ouvir que escoiten.

2 comentarios:

Carlos dijo...

E mentres agardamos por esa homenaxe nacional boas son estas pequenas homenaxes. Dixen.

arume dos piñeiros dijo...

O curioso do caso debe ser comprobarmos que o libro de Rivas (unha obra mestra, ao meu entender) probablemente sexa entendido fóra coma unha mostra de literatura española. Véxase nesta crítica de Le Monde (a pesar da mención no interior da reseña) cómo aparece citado o libro.


Les mots ne sont pas que des mots : ils sont le corps de la langue et celui de la littérature, sa chair, son sang, ses os - la vie elle-même. Rien d'aussi simple, rien d'aussi bouleversant. Et rien d'aussi radical : c'est à partir de ce principe que Manuel Rivas a construit tous ses livres, depuis En sauvage compagnie (éd. Métailié, 1997) et Le Crayon du charpentier (Gallimard, 1998), jusqu'à ce tourbillonnant Eclat dans l'abîme. Et c'est grâce à lui, sans doute, que le dernier roman de ce Galicien tout juste quinquagénaire (il est né à La Corogne, Espagne, en 1957) emporte beaucoup plus que le seul intérêt du lecteur, ou même son admiration : son émotion, son étonnement, son émerveillement, son plaisir.

Il faut pourtant consentir quelque effort pour entrer dans cet énorme livre qui navigue sans cesse au bord du "trop" : trop touffu, trop lyrique, trop puissant, trop sensible, trop virevoltant. Accepter de se plonger dans un maelström de tableaux, de personnages réels ou fictifs, de situations historiques et de scènes purement inventées. De perdre le fil, puis de le retrouver. De se laisser embarquer, presque en apnée, par un océan de mots et d'images, de dialogues fondus dans le corps du texte, d'exclamations, de noms propres. De s'agripper à la coque de ce gigantesque navire et de se laisser tirer, toutes voiles dehors, par des paragraphes pleins à craquer - qui pourraient être, aussi bien, des chansons, des poèmes en prose ou des partitions d'opéra. De suivre, avec délices, une écriture prodigieusement remuante, traversée de houle et de vagues, secouée par de brusques paquets de mer. En un mot, d'avoir le tournis, quand ce n'est pas le mal de mer.

Et finalement de se laisser emporter - comme dans les livres dont Rivas a fait le coeur de ce roman sous-titré "Mémoires d'un autodafé". Partant d'un épisode historique (l'immense brasier organisé par les phalangistes, militants profranquistes, sur le port de La Corogne, le 19 août 1936), l'écrivain bâtit un récit qui virevolte au rythme des pages échappées de ces flammes. Tous ses personnages sont liés, d'une manière ou d'une autre, aux ouvrages qui brûlent et qui, comme l'indique le titre espagnol, "brûlent mal" - donc s'envolent. Le récit les suit en zigzag, comme il accompagne les feuillets rescapés : de Vicente Curtis, l'ancien boxeur, à Samos, le Phalangiste, en passant par Santiago Casarès Quiroga, le père de Maria Casarès ("qui possédait la plus riche bibliothèque privée de toute la ville", au "12, de la rue Panadeiras") ou à Samantha, de "l'Académie de danse" et bien d'autres encore.

"J'écris comme un Charlot vagabond", sourit Manuel Rivas, pour définir le caractère faussement titubant de son texte. L'image vient naturellement, chez un homme pour qui la littérature n'est pas une abstraction. Plutôt, disons, une personne : "Les mots attendent d'être appelés, dit-il. Ils aiment la bouche des gens." Et encore : "Les mots sont une chose physique, comme les doigts, par exemple. La langue nous fait : on est constitués de chair, de sang et de mots." Manuel Rivas parle avec chaleur. C'est un homme un peu timide, le genre de grand type baraqué qui peut vous sortir la photo de sa mère (un cliché des années 1950, aux bords dentelés) après dix minutes de conversation, du flou dans les yeux. "La littérature a une bouche, qui peut apparaître dans des lieux insoupçonnés, une taverne, un berger. Pour moi, elle a eu des formes primitives, dont la première fut ma mère."

INFLUENCE MATERNELLE

Car de cette mère sortaient, à flot continu, des histoires et encore des histoires : "Elle parlait seule, surtout quand elle travaillait - et elle travaillait tout le temps, à transporter du lait", se souvient Manuel Rivas. "Elle menait des dialogues, faisait plusieurs voix, les unes après les autres, c'était très troublant et aussi très inquiétant : on aurait dit un cerf-volant livré au vent." Ce qu'il a identifié, bien plus tard, comme une affection psychiatrique, lui a laissé un héritage, pourtant : sa passion pour le récit. Manuel Rivas est quelqu'un qui raconte, qui digresse, qui ramifie, dans la vie comme dans son roman. Et qui, de fil en aiguille, élargit l'idée d'influence maternelle à la Galice, conçue par lui comme une "matrie" (par opposition à la "patrie" traditionnelle.)

Car sa terre et sa langue (dans laquelle il écrit, avant de s'autotraduire en castillan) sont omniprésentes dans ses livres. "Pour moi, explique-t-il, la langue est associée au corps des gens d'ici, à leur vie réelle, à la nature qui les environne. A toute une culture très rabelaisienne qui imprègne cette région." Il fait partie de ces écrivains qui prennent en charge l'histoire de leur pays - dans son cas, notamment, la guerre civile et les méfaits du franquisme, déjà présents dans de précédents romans. Brûler des livres, comme le firent les phalangistes, c'est menacer de tuer la langue, d'imposer un "silence ennemi".

L'évocation de cette violence fut tellement rude, qu'elle faillit l'arrêter dans l'écriture du livre : "Vers la moitié du texte, je n'en pouvais plus : cette histoire faisait surgir tellement d'horreurs que j'avais honte pour l'espèce humaine. Et puis je me suis souvenu d'un puits que mon père s'acharnait à creuser, sans jamais trouver d'eau. Alors j'ai continué, moi aussi." Au nom du père, de la mère et des mots qui, quand ils sont vraiment vivants, peuvent faire pièce aux pulsions de mort charriées par l'histoire.

L'ECLAT DANS L'ABÎME (LOS LIBROS ARDEN MAL) de Manuel Rivas. Traduit de l'espagnol par Serge Mestre. Gallimard, "Du monde entier", 678 p., 25 €.